Avec cette première Can disputée sur le sol sénégalais, on pensait qu’elle coïnciderait, peut-être, avec la fin des déceptions et la longue traversée du désert. Les Lions voulaient cette coupe, mais contrairement à l’Égypte en 59 et 83, à l’Éthiope en 62, au Ghana en 63 et 78, au Soudan en 70, au Nigéria en 80 et à l’Algérie en 90 qui étaient restés maîtres chez eux, ils avaient laissé une belle occasion d’inscrire leur nom au palmarès. Les Lions ont chuté d’entrée face au Nigéria d’Eguavon et Stephan Keshi. Jules François Bocandé et ses coéquipiers croyaient avoir fait le plus difficile en dominant le Kenya (3-0), mais devant toute une nation acquise à leur cause, les Lions avaient flanché à l’étape des quarts de finale. Malgré leur rage de vaincre, le sort n’avait pas été du tout clément avec eux, en mettant sur leur chemin le Cameroun. Toute la nation était bien vite revenue sur terre après la défaite (0-1). Le pays tout entier avait cessé de vivre. Une terrible désillusion. (Le Soleil – Extrait de la longue marche des Lions – 2012)