L’écrivain et surtout cinéaste sénégalais est décédé samedi  9 juin à Dakar à l’âge de 84 ans. Natif de Ziguinchor en Casamance (sud Sénégal) est considéré comme l’un des pionniers du cinéma africain.

Doyen des cinéastes africains, Sembène Ousmane aimait à se surnommer l’aîné des Anciens.

Né un 1er janvier, en 1923, au Sénégal, en Casamance, ce grand patriarche était un pilier, une figure tutélaire : c’est lui qui réalisa, en 1966, le premier long métrage produit et réalisé en Afrique noire : La Noire de…,  l’histoire d’une jeune sénégalaise immigrée en France réduite en esclavage par ses patrons blancs.

Coup d’essai, coup de maître pour ce cinéaste de 43 ans. Car avant de choisir le 7ème art, Sembène Ousmane avait été maçon, docker, militant syndicaliste engagé, et écrivain.

C’est pour faire passer ses idées au plus grand nombre qu’il se tourne vers le cinéma. Après avoir consulté André Bazin et Georges Sadoul, deux références de la critique, il part étudier le 7ème art à Moscou.

Tous ses films portent un combat et un engagement. Ancien tirailleur sénégalais, Sembène Ousmane évoquait les pages les plus sombres de son continent.

Jusqu’à son dernier film, Moolaadé, dénonciation de l’excision des petites filles dans l’Afrique actuelle. Cri de colère et film militant qui remporta le prix Un Certain Regard au festival de Cannes il y a trois ans.

La disparition de Sembène Ousmane a provoqué une grande émotion au Sénégal. Plusieurs artistes lui ont rendu hommage, notamment le sculpteur Ousmane Sow qui était l’un de ses amis. (RFI)