Dakar, 11 jan (APS) – Du sport ou de la magistrature, les portraitistes du Juge Kéba Mbaye auront du mal à savoir par lequel des domaines commencer pour ce serviteur du sport et ce haut magistrat qui a occupé de hautes fonctions dans ces deux activités qui ont jalonné sa vie.

Il est significatif de rappeler que la dernière cérémonie à laquelle son nom est associé a eu lieu samedi dernier avec le président fondateur du Centre africain de sports études (CASE), El hadj Malick Sy qui lui a donné le nom de la salle informatique de sa structure.

Même s’il a été absent de la cérémonie, toute la famille sportive présente à cette manifestation a salué ce geste de l’ancien président de la Fédération sénégalaise de football qui tenait à immortaliser celui qui à ses yeux incarnait le sport-études.

Né à Kaolack (centre) le 5 août 1924, il a laissé l’image d’un grand serviteur du sport mais aussi un Magistrat sans crainte et intégre après avoir déclaré dans des instants aussi solennelles que la prestation de serment d’un nouveau président de la Républiquue Abdou Diouf (succédant à Léopold S. Senghor) en 1981 que  »les Sénégalais étaient fatigués ».

Son refus de proclamer les résultats des élections en 1993 alors qu’il était président de la Cour Constitutionnelle est resté gravé dans toutes les mémoires comme du reste sa décision de démissionner de cette instance a confirmé cette idée de Magistrat indépendant et hors de portée des pressions.

Toutefois, l’ancien pensionnaire des Facultés de droit de Dakar et de Paris et de l’Ecole nationale de la France d’Outre mer après avoir été Instituteur, n’a pas laissé que ce parcours sans faute dans la magistrature où il a eu à diriger la Cour suprême qui a été scindée en trois (pour donner le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat) puisque trois années après l’accession à l’indépendance, il a occupé avec brio le Secrétaire général des Jeux de l’Amitié organisé dans la capitale sénégalaise.

Reconnu comme un dirigeant de premier niveau à l’ancien Foyer France Sénégal et au Jaraaf de Dakar, c’est au niveau de l’olympisme mondial qu’il a donné toute sa capacité de dirigeant sportif de premier plan au côté de l’ancien président du CIO, l’Espagnol Antonio Samaranch.

Dans ce mouvement olympique international qu’il a servi de 1973 à 2002, son nom restera à jamais gravé dans les annales pour avoir évolué dans son organe directionnel de 1984-1988, 1993-1998 et surtout son ocuppation du poste de vice-président de 1988-1992; 1998-2002.

Son engagement dans ce mouvement ne lui a pas fait oublier son continent en présidant la commission Apartheid et olympisme qui a certainement été dcisif dans la décision des autorités sportives mondiales de mettre au ban de la société mondiale cet ignoble système de ségrégation raciale qui avait cours en Afrique du Sud.

Le scandale de corruption qui a été révélé après la désignation de la ville américaine de Salt Lake City a montré une autre facette de l’homme qui a permis au CIO de s’en tirer à moindre frais et de mettre sur pied un autre système de désignation moins sujet à caution.

Mais Kéba Mbaye, c’est aussi cet ancien serviteur de l’Etat qui n’a pas oublié sa progéniture qui grâce à une formation dans les plus grandes écoles, fournit au Sénégal des Managers de haut niveau. Ce qui leur vaut d’occuper de grandes fonctions dans leurs pays où ils ont accepté de rester et servir.

Les noms de Cheikh Tidiane et d’Abdoul Mbaye qui font partie de ses huit bouts de bois de Dieu, s’identifient très aisément aux réussites de la première société de téléphonie du Sénégal et de plusieurs établissements bancaires du pays.

SD/AAS