Surnommé ’’Mame Tam’’ par son entourage, il était aussi réputé pour son franc-parler exemplaire et son engagement sans commune mesure.

‘’Il était juste, ouvert, pieux, un homme de mesure’’, dit ainsi de lui son ami Habib Diallo, directeur d’école à Thiès.

L’imam Mame Tamsir Ndiour a dirigé pour la première fois la prière le 9 février 1989, suite au décès de son père, Tafsir Babacar Ndiour.

Après de la polémique concernant la succession de son père à l’imamat de la mosquée, il réussit à s’imposer.

Son grand-père, Tafsir Oumar Ndiour, était un grand érudit proche d’El Hadj Malick Sy, lequel khalife de la confrérie Tidjane avait inauguré la grande mosquée de Moussanté en 1910.

‘’C’est le vénéré El Hadj Malick qui a inauguré cette mosquée’’, a ainsi rappelé Habib Diallo.

De la même classe d’âge que le maire de Thiès, Idrissa Seck, avec qui il a fréquenté l’école coranique de la famille Ndiour, l’imam Tamsir Ndiour était très respecté dans la ville et auprès de ses proches.

Il prononçait des sermons très courus à l’occasion des fêtes religieuses musulmanes, notamment la Korité et la Tabaski.

Ancien responsable de mouvement navétane dans son quartier à Thiès, il avait obtenu un diplôme d’entraîneur de football de premier degré. D’ailleurs, il a longtemps milité dans les mouvements associatifs.

Polygame, il est père de cinq enfants. Bien apprécié dans sa famille et par bon nombre d’habitants de Thiès, il affichait toujours un sourire accueillant, selon plusieurs témoignages concordants.

‘’Il aimait discuter et partager ses convictions avec tout le monde’’, ajoute Habib Diallo.

‘’Les hommes avaient du plaisir à écouter ses sermons lors des fêtes religieuses ou à l’occasion d’une rencontre. Il était célèbre, de par sa culture et son ouverture d’esprit. C’est un don du Tout-Puissant’’, a souligné M. Diallo.

L’imam Mame Tamsir Ndiour était le neveu de feu le président guinéen, Lansana Konté. Arabisant doublé d’un intellectuel, il est né en 1955 à Thiès.

Le marabout qui paraissait bien moins que ses 55 ans, a obtenu son Brevet d’études du premier cycle (BEPC) au début des années 70.

APS