REVUE DE PRESSE (FR) DU MERCREDI 7 JUIN 2017 AVEC NDEYE MAREME NDIAYE

Dakar, 7 juin (APS) – La perspective des prochaines législatives s’impose encore plus aux quotidiens dont plusieurs titres reviennent en force, mercredi, sur une diversité de points relevant de cette échéance électorale.

Dans une présentation des « forces en présence », le quotidien national observe une « pléthore de listes de candidatures » enregistrées par la Direction générale des élections (DGE), de l’ordre d’une cinquantaine, « un record jamais égalé (qui) inquiète la classe politique ».
« Ses effets sur la gestion du matériel électoral et le déroulement du scrutin risquent d’hypothéquer sa tenue à date échue », un constant faisant que « des pistes de solutions sont envisagées par les états-majors politiques et certains experts électoraux pour limiter les impacts de cette pléiade de listes sur le temps de vote et la participation massive des citoyens », écrit Le Soleil.
« Une situation qui risque de donner de l’urticaire à bien du monde. Pour l’électeur qui devra se débattre avec pas moins de 49 listes et braver les longues heures d’attente, et les candidats qui ne sont pas à l’abri d’erreurs ou de confusion de leurs listes, la situation risque d’être déplaisante. Les acteurs dénoncent et préconisent des solutions », lit-on dans les colonnes du quotidien Enquête.
Le député de l’Alliance pour la République (APR, au pouvoir), Moustapha Cissé Lô, par exemple, « entend proposer à l’exécutif d’introduire un projet de loi portant restriction du nombre de bulletins de vote qui est, pour cette élection, à près de 50 », rapporte le journal Le Quotidien.
« Cissé Lô veut une loi qui exempte les électeurs de prendre tous les bulletins » (Vox Populi). « Il faut une procédure pour limiter le nombre de bulletins », ajoute M. Lô, un des vice-présidents de l’Assemblée nationale sortante, dans des propos rapportés par La Tribune.
Selon l’As, en attendant, les partis politiques sont dans l’attente de la publication des listes officielles, le 9 juillet prochain. « Le calme avant la tempête », affiche le journal à sa une. « D’ores et déjà, écrit-il, la révolte est palpable dans toutes les coalitions politiques qui attendent impatiemment d’être éclairées sur l’identité des candidats devant représenter les différentes coalitions à ce scrutin du 30 juillet ».
« Ainsi, il règne un climat délétère dans les différents états-majors politiques. C’est le calme en attendant une tempête qui risque de causer le désastre dans certaines formations et coalitions politiques en lice », note L’As.
Le Témoin quotidien revient sur le cas Aminata Touré, cas pour le moins emblématique à propos duquel le journal évoque « la cadence de la décadence » de cette ancienne Première ministre, actuelle envoyée spéciale du chef de l’Etat qui, selon les journaux, ne figure pas sur les listes établies par la coalition formée du parti au pouvoir et de ses alliés.
« De jour en jour, on connaît (l’identité des) responsables politiques de premier plan qui sont zappés des listes des investitures à la députation. Mais la non-investiture qui capte le plus l’attention des médias et qui fait l’objet de la majorité des supputations est celle de l’ancien Premier ministre Aminata Touré », souligne le journal.
Mme Touré, « dans ses rêves les plus fous, pensait diriger la liste nationale de Bennoo Bokk Yaakaar (BBY) et filer tout droit vers la place Soweto (siège de l’Assemblée nationale) pour trôner au perchoir de l’hémicycle », or, elle « vient de recevoir un coup de grâce dont elle risque de ne plus se relever politiquement », ajoute Le Témoin quotidien.
« Depuis le dépôt des listes de candidatures aux élections législatives du 30 juillet prochain, le landerneau politique sénégalais se singularise par une escalade des antagonismes et par un regain des querelles de positionnement qui n’ont eu de cesse de lui imprimer leurs marques et empreintes au cours des échéances écoulées », constate le billettiste du quotidien La Tribune.
Selon cette publication, ce « climat pour le moins spéculatif, empreint de contrevérités, de règlement de comptes, de prises de position jubilatoires ou encore d’expression anticipée des frustrations » contribue à reléguer au second plan « les enjeux clefs d’un scrutin d’ores et déjà présenté comme le plus coûteux et le plus fastidieux de l’histoire du Sénégal(…) ».
Dans un entretien avec le quotidien L’Observateur, le président de la commission communication et organisation du Parti démocratique sénégalais (PDS), Me El Hadj Amadou Sall, par exemple, « lève un coin du voile sur la cassure de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal », regroupant à l’origine l’essentiel des partis de l’opposition.
« Rien ne peut justifier l’aveuglement de certains à vouloir diriger la liste », dit-il au journal, assurant que le PDS « était prêt à accepter tous les compromis possibles, mais pas au point de se marcher sur les pieds ».
Walfquotidien, pour sa part, ouvre sur une interrogation : « Macky Sall battra-t-il campagne ? », lors de ces législatives. « La dernière fois que le président Sall a croisé les bras pour observer ses partisans en découdre avec l’opposition, une déroute mémorable du camp présidentiel s’en était suivie », rappelle le journal.
Il ajoute : « La donne n’a pas changé avec l’avènement de Mahammad Boun Abdallah Dionne. Et au regard des enjeux, il ne faut guère s’étonner de voir Macky faire planer plus que son ombre sur la campagne ».
D’ici là, Enquête s’évertue à faire le bilan de la législature sortante, qui si l’on en croit le journal, s’est plus illustré par bagarres, insultes et injures, d’où ce titre, délicieusement provocateur du journal « Honorable dépité ! »
« Pendant les 5 ans qu’a duré l’actuelle législature, soutient Enquête, l’Assemblée nationale s’est toujours tristement distinguée. Rixes, insultes, injures, propos déplacés, perturbations de séances, tout y est passé, à cause d’un manque de culture » concernant la conduite des affaires publiques. « Les honorables ont tout simplement dépité le peuple », tranche le journal.